ActuPsy

 

MALTRAITANCE A ENFANTS : LA PAROLE D'UNE VICTIME

 


L'intolérable souffrance

silencebrise@ifrance.com

 

Je suis seule à savoir par quoi je suis passée, je ne veux plus me taire, je veux tout simplement aider des enfants qui souffrent de ne pouvoir rien dire,où qui pensent tout simplement que les traitements inhumains qu'on leur fait sont normaux.

L'enfant maltraité et délaissé est totalement seul dans les ténèbres de son désarroi et de son angoisse, environné de mépris et de haine, dépouillé de ses droits et de son langage, dupé dans son amour et sa confiance, bafoué dans la douleur, dédaigné, humilié sans guide, sans nul soutien, aveugle, sans défense et entièrement livré à la merci de l'adulte. Tout son être voudrait crier sa douleur, sa colère, exprimer sa révolte et appeler à l'aide. Mais cela, précisément, il n'en a pas le droit. Toutes les réactions normales prévues par la nature lui restent interdites. En effet, à moins qu'un témoin ne vienne à son secours, ces réations naturelles n'aboutiraient qu'à accroitre et prolonger son martyre, voire pour finir , à mettre sa vie en danger. Aussi lui faut-il réprimer ce mouvement tout à fait sain : protester contre un traitement inhumain. L'enfant tente d'effacer, de gommer complètement de sa mémoire tout ce qu'on lui a infligé, afin de bannir de sa conscience sa brûlante révolte, sa peur, sa colère, l'intolérable souffrance, et il l'espère à tout jamais. Subsiste alors le sentiment de sa grave culpabilité personnelle même s'il a été obligé de baiser la main qui l'a frappé et de demander pardon. Ce qui malheureusement arrive plus souvent qu'on le croit généralement.

Chez les survivants de pareilles tortures, qui ont abouti à un refoulement total, l'enfant martyrisé continue à vivre dans les ténèbres de l'angoisse, de la répression, de la menace.

*****

Etre une bête traquée est l'idée la plus difficile à supporter. C'est une véritable course. Mais la course n'est pas la même pour tous.

C'est une incroyable chance d'avoir quelque fois le temps de vivre, le temps de la conscience, fût-ce la conscience de tout son malheur, de pouvoir s'arrêter, reprendre son souffle et lever la tête. Personellement, j'ai pris tout de suite ce retard à la course, impossible à rattrapper.

Mon âcreté d'aujourd'hui peut bien bien n'être qu'une sorte de compensation, une manière de faire en moi la pureté quand je subissais l'acharnement de l'être humain. J'ai toujours passée ma vie en compagnie de la peur. J'ai toujours pensé qu'aucune force humaine ne pouvait , ne devait changer l'ordre du malheur. Pour moi, la loi était d'être toute de suite vaincue, avant tout combat et d'accepter sa vie en compagnie de la peur. Au reste, il y avait une volupté de larmes, une pleine conscience de mon malheur.

Pour moi j'étais tout compte fait assez mal née, je n'ai rien deviné du monde et j'ai dû apprendre tout ce que je sais.

A tous ceux qui ont vécu la maltraitance, je leur crie courage et confiance.

Mon enfance a je crois déterminé toute ma vie. Toutes les injustices que je subissais augmenta mon désir de savoir, connaitre ma vérité, la vérité.

Je revendique ici, le droit à la lumière.

Il faut oser voir la vérité, qu'il n'y a vraiment pas d'autre moyen de changer la vie et que toute sagesse n'est que ce regard et cette conscience sur soi, POUR SOI.

*****

Seule la douleur fait grandir, mais il faut l'affronter, ceux qui s'esquivent où se plaignent sont condamnés à perdre. Gagner, perdre, servent à d'écrire une lutte silencieuse, tout intérieure. Le coeur humain est à moitié éclairé par le soleil et à moitié dans l'ombre. Vivre n'est rien d'autre qu'être conscient de cela, le savoir, lutter afin que la lumière ne disparaisse pas, vaincue par l'ombre.

Méfiez-vous de ceux qui sont parfaits de ceux qui ont des solutions toutes prêtes, méfiez-vous de tout, sauf de ce que vous dit votre coeur.

Ne lachez pas.J' ai passé des années sous la menace, les coups. La violence pour apprendre, pour calmer, pour sévir.

Il y a une chose que l'on a pas réussi à faire, c'est changer les idées dans ma tête, CA C'ETAIT INNACESSIBLE.

Battez-vous, tuez le bourreau dans votre tête, c'est lui le coupable ET NON PAS VOUS.

VOUS, VOUS AVEZ TOUT SIMPLEMENT SUBI.

Toutes les histoires ont une fin, mais chaque histoire mlagré la douleur, n'ai jamais que la promesse d'un avenir.

Courage à tous.

 *****

Pendant des années, je me suis fabriquée un masque pour cacher mon mal, mes cris, pour faire croire que je pourrais y croire moi-même. Se montrer forte pour ne pas pleurer. Le temps passe, les années défilent, mais la bombes est toujours là. Comment retrouver l'ordre des évènements?

Quelle de vie de malheur, quelle barbarie au nom de l'hypocrisie. L'honneur de la famille camoufle tant de drame, d'horreurs tenues secrètes. Seules, la rage et la révolte m'ont maintenue en vie. Il faut parler sans cette émotion trop forte qui sème la panique, bouscule, éparpille les idées et les mots. Il faut naitre au monde de la parole, se réapproprier chaque mot, comme si j'en avais perdu le sens, parce que j'en ai perdu le sens. Ce que j'ai vécu a été d'une violence inouie qui détrut l'être. Je crois maintenant savoir que lorsqu'on a vécu un tel choc, la paix ne peut revenir en soi que lorsqu'on peut remplir le vide avec le passé refoulé, retrouvé. Je comprends aussi, que les processus de dépersonnalisation des individus sont toujours les mêmes. Pour briser une personne on lui fait perdre tout repère, toute référence, on lui arrache le sens de la vie et la réduit à l'état de dépendance totale, d'obéissance aveugle. On dégrade, on humilie, on enchaine, toujours avec les mêmes armes de la toute puissance. Mon père m'a arraché ma personnalité, il a réussi à faire de moi comme il disait un déchet de la nature , une prisonnière, un êre sans défense. POUQUOI?

Le parent a un pouvoir de vie ou de mort sur son enfant, comme le SS a pouvoir de tuer le prisonnier pour un caprice, ou pour rien, parce que le prisonnier n'est rien. D'un côté la toute puissance, de l'autre la dépendance totale. Toi mon père, tu m'as volée à moi-même, tu as brisé tous mes rêves d'enfant, tu m'as précipitée en fer pour de longues années. Tu as transgressé un interdit, j'en trangresse un autre. J'enfreins la loi du silence pour retrouver mon identité. Je suis obligée de dire toute cette vérité pour me retrouver toute entière. Je veux cesser de survivre comme une personne apeurée, gelée, je veux cesser ce ballet dangereux avec la folie et la mort ou j'ai usé tant de forces pendant toutes ces années pour sauver, sure d'arriver un jour quelque part au pays de la PAROLE VRAIE. J'ai été obligée de me débattre toute seule. Tu m'as enfermé dans une prison sans barreaux, invisible. J'étais murée dans une forteresse de silence. Pendant des années, j'ai mené un combat de désespérée avec la violence de tous les refus que je n'avais jamais osé.

IL FAUT BRISER LES CHAINES DE LA MALTRAITANCE. J'AI OSE.

*****

Jamais je n'oublierai mes jeunes années, jamais je n'accepterai l'innaceptable.

 

A tous ceux qui ont la chance d'être aimés,

et à ceux qui n'ont pas ce bonheur, lisez ces quelques lignes:

 

J'ai un besoin fou de communiquer. Je rêve d'établir un pont de mots, une communication par les lettres. Je cajole, je console mes enfants mais rien n'apaise ma soif de douceur et de tendresse que j'ai toujours attendu. L'enfant affamé reste si douleureusement présent en moi. L'enfant ne sait pas encore marcher pour aller vers sa mère, il ne sait pas dire sa peine pour être consolé. Il pleure en silence comme avant. J'ai tellement mis d'espace et de temps entre cet enfant et moi pour vivre enfin libre indépendante, mais je reste enchainée à ma mère par cet enfant. Je voudrais lui dire. Un jour peut-être on se parlera enfin de toute cette douleur. Il faut dépasser le stade de la culpabilité, mais je suis la seule à savoir combien je peux ruminer cette culpabilité, éteinte, prostrée, flottante des heures, des jours à penser à ça. Je me sens encore sur une corde raide, si fragile, avec pourtant cette énergie sauvage prisonnière en moi.

J'AI CONFIANCE

 

AU FOND DE MOI, une multitude d'images

Sombres et lumineuses,

Toutes sont inscrites au plus profond de moi,

Les apprivoiser? Peut-être, surement,

Partager ces images avec d'autres,

Les images de bonheur triompheront,

Grandiront et éclaireront mon chemin

vers de nouvelles espérances.

 

 

Une victime ( silencebrise@ifrance.com )

 


Pour envoyer un texte : actupsy@ifrance.com

 

 

ActuPsy